Les concepteurs de modems n’ont pas seulement eu de la chance avec des vitesses plus rapides. Ils ont dû trouver une solution pour sortir d’un goulot d’étranglement de bande passante. Les vieilles astuces comme la manipulation par déplacement de fréquence se heurtent à un mur. Ils sont donc passés à la touche à changement de phase (PSK). Puis vint la modulation d’amplitude en quadrature (QAM). Ces techniques ont compressé une quantité insensée de données dans la tranche de bande passante de 3 000 hertz qu’offre une ligne téléphonique standard de qualité vocale.
Vous vous souvenez peut-être du modem 56K. Il n’a jamais réellement atteint 56 Kbps. Dans le monde réel, il plafonnait à environ 48 Kbps, à moins que vous n’ayez une ligne impeccable et aucun bruit. C’était la limite absolue pour ces astuces de l’ère analogique.
Ces modems haut débit utilisaient un concept appelé dégradation progressive. Si la ligne était bruyante ou fine, le modem ne tombait pas en panne. Il a testé la connexion. Il a reculé à une vitesse plus lente. Cela a permis de maintenir le lien vivant.
Puis vint la ligne d’abonné numérique asymétrique (ADSL). Le nom dit tout. Asymétrique. Il envoie les données plus rapidement dans un sens que dans l’autre.
Pourquoi est-ce important ? La plupart des utilisateurs à domicile téléchargent plus qu’ils n’en téléchargent. Vidéo en streaming. Chargement de pages Web. Envoi d’e-mails. L’ADSL exploite ce comportement.
Il exploite également la physique. Chaque maison ou bureau dispose d’un fil de cuivre dédié reliant le bureau central ou le multiplexeur de la compagnie de téléphone. Ce fil n’est pas partagé comme une ligne de partage. C’est du point à point. Ce chemin dédié peut transporter bien plus de données que les 3 000 hertz requis pour un appel vocal.
Si votre maison est équipée d’un modem ADSL et que le bureau central en possède un également, cette section de cuivre devient un canal haut débit purement numérique. La capacité dans des conditions idéales est d’environ 8 Mbps en aval (de l’Internet à vous) et 1 Mbps en amont. C’est un bond énorme par rapport à 48 Kbps.
La même ligne gère les deux. Vous pouvez parler au téléphone tout en téléchargeant un fichier. Les signaux ne s’entrechoquent pas.
Comment ça marche ? L’approche est étonnamment simple.
La bande passante de la ligne téléphonique entre 24 000 hertz et 1 100 000 hertz est divisée. Il est divisé en bandes de 4 000 hertz. Un modem virtuel est attribué à chaque bande.
Il existe environ 249 de ces modems virtuels. Chacun teste sa tranche spécifique de bande passante. Il fait de son mieux avec ce qui lui est alloué. Certains groupes sont propres. Certains sont bruyants. Les plus bruyants ralentissent. Les propres accélèrent.
La vitesse totale de votre canal est la somme des 249 modems virtuels fonctionnant en parallèle.
La capacité est d’environ 1 million de bits par seconde (Mbps) entre le domicile et la compagnie de téléphone (en amont) et de 8 Mbps entre la compagnie de téléphone et le domicile (en aval) dans des conditions idéales.
Cette architecture explique pourquoi l’ADSL semble beaucoup plus rapide que l’accès commuté. Cela n’a pas seulement poussé plus fort. Cela a changé la donne. Il utilisait tout le fil, pas seulement les basses fréquences.
La technologie DSL a évolué depuis. La fibre optique est désormais courante dans de nombreux domaines. Mais les principes de répartition de la bande passante en canaux et de gestion du bruit restent d’actualité.
Si vous êtes toujours connecté, vous ratez quelque chose. Si vous êtes en ADSL, vous vivez dans le passé. Mais comprendre comment nous en sommes arrivés là permet d’expliquer pourquoi le haut débit moderne ressemble à ce qu’il est.
Le passage de l’analogique au numérique n’était pas seulement technique. C’était inévitable. Nous avions besoin de plus de bande passante. Le cuivre était là. Il fallait juste trouver comment l’utiliser.
Alors, quelle est la prochaine étape ?
Le cuivre est encore là à de nombreux endroits



























